Le Samedi saint, l’Église demeure auprès du tombeau dans le silence
Méditation
Bien-aimés dans le Seigneur, Dieu soit loué en tout temps.
En ce matin du Samedi saint, au lendemain de la Passion et de la mort du Christ, l’Église nous invite à méditer sur la force du silence de Dieu. Le silence est une parole sans voix, sans bruit, sans son. Il n’est pas le vide. On pourrait penser qu’en ce matin de samedi, après la mort de Jésus, l’Église ne nous propose aucune parole à méditer. Non, c’est faux. Il y a bien une parole : la parole du silence de Dieu.
Ce samedi, Dieu veut nous instruire sur ce que signifient souvent ses multiples silences dans nos vies.
Des silences, nous en connaissons beaucoup. Certains sont durs, prolongés, et nous paraissent ne jamais vouloir finir. Parfois, nous avons l’impression que ce silence est un véritable mur. Nous parlons, et Dieu ne dit rien. Nous l’appelons, et nous ne l’entendons pas nous répondre. Nous crions, et il semble ignorer ce qui nous affecte, ce que nous sommes en train de traverser. Que le silence de Dieu est parfois difficile à vivre !
Chacun de nous peut témoigner de ces moments où Dieu semble ne répondre à nos prières que par le silence. Mais ce silence de Dieu est-il absence de parole ? Non. Car Dieu ne parle pas toujours avec des mots. Il parle aussi à travers son silence même.
Que signifie le silence de Dieu ? Il peut signifier au moins quatre choses.
1. Le silence de Dieu est école de patience
Le silence de Dieu est un puissant outil pour forger en nous l’esprit de patience, une vertu indispensable pour bien vivre. Les fils et les filles de Dieu savent attendre le bon moment. Dieu est patient, et ses enfants doivent apprendre à l’être aussi.
Nous savons combien de personnes ont changé d’étendard parce qu’elles voulaient courir, parce qu’elles voulaient une réponse immédiate. Cette précipitation les a parfois conduites sous l’étendard de Satan, qui offre des illusions de solution pour mieux perdre l’homme et lui faire perdre son âme.
2. Le silence de Dieu est école de persévérance
Ceci est lié à la patience. La persévérance, c’est la capacité de continuer à faire des efforts, à travailler, à aimer, à pardonner, à faire le bien et à éviter le mal, même lorsque nos désirs ne sont pas encore comblés par Dieu.
Bref, c’est continuer à aimer et à servir Dieu, même lorsqu’il ne semble nous répondre que par le silence. La persévérance nous aide à demeurer en présence de Dieu, les mains ouvertes, dans l’attente du bon moment, qui arrive toujours : le temps de Dieu.
3. Le silence de Dieu est école de conversion
Souvent, Dieu se tait pour faire résonner plus fortement dans nos cœurs la voix de notre conscience, nos péchés, nos égarements et notre besoin de retour à lui. Le silence devient alors un temps favorable, un temps de vérité.
Le silence est ici le temps que Dieu nous donne pour retrouver le bon chemin : le chemin de l’abondance, de la grâce, de la paix intérieure et du véritable épanouissement. Quand le silence de Dieu devient conversion, il est une miséricorde. Il est l’occasion que Dieu nous donne de revenir sur la route de la Terre promise.
4. Le silence de Dieu peut être un refus
C’est dur à entendre, mais Dieu ne nous donne pas toujours ce que nous demandons, précisément parce qu’il est un bon Père. Il ne peut pas nous accorder ce qui ferait notre malheur. Dans certains cas, le silence de Dieu veut dire : “non”.
Mais la grande consolation, c’est que lorsque Dieu dit non à notre volonté propre, c’est pour dire oui à une volonté plus grande, plus juste, plus sainte : la sienne. Le non de Dieu n’est jamais une cruauté. Il est souvent une protection, une orientation, une grâce cachée.
Bien-aimés dans le Seigneur, en ce matin où l’Église fait face à ce grand silence, nous devons prier le Seigneur de nous éclairer sur le sens véritable de nos propres silences : le silence que nous expérimentons dans tel ou tel domaine de notre vie. Qu’il nous donne son Esprit Saint en plénitude, afin que nous puissions comprendre ce que ses silences veulent nous dire.
Nous le savons tous : ce grand silence de Dieu, au cœur du Samedi saint, signifie la préparation de la victoire de la vie sur la mort, la préparation de la victoire du bien sur le mal, la préparation du plus grand bonheur de l’humanité : la résurrection du Christ.
Que, ce soir, nous puissions entendre la voix de Dieu crier depuis nos propres silences, et que nous puissions répondre avec force : Alléluia ! Il est vivant, présent et agissant pour les siècles des siècles.
Prions
Père très saint,
en ce jour où ton Fils repose dans le tombeau
et où toute la création semble enveloppée de silence,
apprends-nous à ne pas fuir les moments où tu te tais.
Quand nous ne comprenons pas tes chemins,
donne-nous la patience.
Quand nos prières semblent rester sans réponse,
donne-nous la persévérance.
Quand ton silence met en lumière nos péchés,
donne-nous l’humilité de nous convertir.
Et quand ton silence nous refuse ce que nous désirons,
donne-nous la grâce d’accueillir ta volonté comme un Père aimant.
Par Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé,
mort et enseveli pour notre salut,
fais grandir en nous l’espérance de la résurrection.
Que nos nuits intérieures deviennent des lieux de foi,
et que nos silences deviennent des espaces d’écoute,
de purification et d’abandon.
Nous te le demandons par Jésus le Christ, notre Seigneur.
Amen.
Intercession
Seigneur Jésus-Christ,
toi qui as connu le silence du tombeau,
regarde avec miséricorde tous ceux qui traversent aujourd’hui
des temps de silence, d’épreuve, d’attente et d’obscurité.
Nous te confions ceux qui prient depuis longtemps sans voir de réponse,
ceux qui se sentent abandonnés,
ceux qui pleurent en secret,
ceux qui sont découragés,
ceux qui sont tentés de quitter la foi,
ceux qui, dans leur impatience, sont attirés par de fausses solutions,
et ceux dont la conscience est appelée à une vraie conversion.
Seigneur Jésus, visite aussi les malades,
les personnes seules,
les familles en crise,
les cœurs blessés,
les jeunes désorientés,
et tous ceux qui vivent un Samedi saint intérieur.
Dans ton amour, donne à chacun la lumière nécessaire pour comprendre,
la force nécessaire pour tenir,
et la grâce nécessaire pour espérer.
Que personne ne désespère de toi,
car même lorsque tu sembles silencieux,
tu œuvres encore pour notre salut.
Toi le Vivant, le Ressuscité,
parle dans les silences de ceux qui souffrent
et conduis-les vers la joie de Pâques.
Amen.
Vierge Marie, femme du silence et celle qui a compris le silence de Dieu, intercède pour nous.
Exercice spirituel
Aujourd’hui, prends 10 à 15 minutes de silence réel devant Dieu, sans téléphone, sans musique, sans agitation. Assieds-toi simplement en présence du Seigneur et pose-toi cette question : “Seigneur, que veux-tu me dire à travers le silence que je vis actuellement ?”
Ensuite, écris dans un carnet :
- le domaine de ta vie où Dieu te semble silencieux ;
- ce que ce silence produit en toi ;
- et ce que tu sens que Dieu t’invite à apprendre : patience, persévérance, conversion ou abandon à sa volonté.
Puis termine en répétant lentement trois fois : “Seigneur, même dans ton silence, je choisis de te faire confiance.”
André Kamta Sabang
Communauté des Disciples du Christ Vivant
